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Le jardin d'economie d'eau

Le jardin d'economie d'eau

Aujourd’hui, le souci de la gestion de l’eau au sein des espaces verts est préoccupant.

Il convient de se responsabiliser et d’adopter de nouvelles manières d’utilisation.

L’eau dans le jardin

Devons-nous considérer que l’eau sera une denrée rare ?

Certainement, même si nous pensons que nous disposons toujours de grandes quantités d’eau.

Exploiter des eaux profondes, risque de dérégler les systèmes périphériques.

Il faut donc le faire d’une manière intelligente, car certains usagers tels que les agriculteurs ou les exploitants de golfs, sont de grands consommateurs d’eau.

Chacun d’entre eux devra reconsidérer sa consommation, quel qu’il soit, même particulier.

La gestion de cette ressource indispensable doit s’organiser en utilisant différentes méthodes.

D’abord, la recharge des nappes phréatiques s’opère de différentes façons : par exemple le recyclage des eaux usées en surface est un moyen très efficace.

D’autre part, il est possible de réduire sa consommation dans les parcs et jardins, seulement, malgré toutes les méthodes existantes, peu de professionnels s’en préoccupent alors qu’ils devraient être les premiers intéressés.

Citons par exemple, quelques techniques de réduction d’eau :

  • créer des jardins en réalisant des massifs de plantes résistantes à la sécheresse (classées par famille et besoin en eau). Les plantes indigènes sont souvent plus solides que les plantes exotiques. C’est ce que nous appelons des plantes dromadaires, à la fois économiques en besoins et adaptées aux contraintes locales.
  • réaliser des jardins filtrants, avec des plantes utiles au traitement des eaux polluées, opération écologique et autonome
  • installer un système d’arrosage, de combinaison mixte entre asperseurs, goutte à goutte et régie par un programmateur. L’arrosage se fera la nuit, évitant ainsi l’évaporation trop forte
  • plantez peu de gazon, grands consommateurs d’eau
  • créer des ambiances fraîches et ombragées afin de limiter l’évaporation en plantant arbres et pergolas
  • réaliser des paillages naturels, d’origine végétale. Il réduira la fréquence d’arrosage, empêchera les mauvaises herbes de pousser, limitera le travail de la terre et sera un humus de qualité (écorce de pin, mulch coco, broyage d’écorce…) (photo Mulch)

En terme de consommation et de besoins en eau, un jardin non réfléchi d’un hectare  peut demander jusqu’à plus de quarante mètres cubes d’eau par jour ! A l’inverse, un jardin raisonné d’un hectare au même endroit et dans des conditions similaires ne demandera pas plus de quinze mètres cubes d’eau par jour, voire moins de cinq mètres cubes quotidiens pour un jardin à thème minéral et désertique.

Soyons donc sensibles à ce grand problème de l’eau dans les jardins. Une phrase de Victor Hugo résume cela en une ligne et nous amène à la méditation pour un environnement raisonné « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres : nous l’empruntons à nos enfants ».

La gestion durable de l’espace

Pour réaliser un jardin durable, il ne faut pas seulement gérer la diffusion de l’eau mais aussi utiliser des techniques de maintenance simples, mais ayant fait leurs preuves :

  • couper le vent dominant par des plantes résistantes, permettant de limiter le dessèchement du sol
  • arroser le soir ou tôt le matin
  • améliorer la structure de la terre et la texture des sols
  • former les jardiniers aux gestes quotidiens (fermeture des robinets, binages, paillages …)
  • organiser les strates végétales en fonction de leur résistance à l’ensoleillement

De nombreuses régions sont touchées par la rareté de l’eau : ne l’oublions pas !

Tout au long de l’année, il est primordial d’adapter un comportement en rapport avec la saison et les besoins ponctuels. Par exemple, pendant les fortes chaleurs, le manque d’eau peut causer des dégâts. Il faut donc réagir et s’organiser en conséquence pour protéger les plantes sensibles qui souffrent des rayons directs du soleil. De même, il s’avère judicieux de protéger les végétaux plantés récemment avec par exemple, un paillis épais et aéré qui a l’avantage de présenter une faible capacité d’inertie thermique, une toile tendue d’ombrage, etc.

Le jardin est un peu l’âme de l’homme et l’été, il devra redoubler de vigilance pour ne pas voir ses massifs se transformer en désert.

Quelques idées :

  • vous pouvez utiliser l’herbe fauchée des tontes pour stopper l’évaporation excessive
  • récupérer l’eau de pluie des orages en réalisant une bâche ou cuve connectée au réseau pluvial
  • il possible de réduire peu à peu les fréquences d’arrosage pour habituer les plantes au manque d’eau ; pour être précis, un gazon a besoin de 4 à 6 litres d’eau par m?2; pour 2 arrosages par semaine ; une plante d’ornement de 5 à 8 litres d’eau au pied pour 3 arrosages par semaine.

Le parasol végétal :

Les végétaux les plus hauts protègent ceux du niveau inférieur.

Citons quelques plantes « dromadaires » :

Aromates

Romarin officinialis

Lavandula intermedia

Thymus speciosa

Graminées

Stipa tenuissima

Pennissetum

Couvres-sols et arbustes bas

Teucrium lutana

Thymus leucotrychus

Santolina viridis

Arbrisseaux et arbres

Nerium

Acacia

Olea

Parkinsonia

Vivaces

Iris lutescens

Gaura lindheimeri

Cistus maculatus

Iberis gibraltarica

Plantes grasses

Agave

Aloes

Euphorbia